Bo-Kaap

Publié le par Mathilde

Aujourd'hui je voudrai vous présenter un quartier de Cape Town, Bo-Kaap. C'est le quartier malais de la ville, c'est à dire celui où sont installés les populations musulmanes descendantes des indonésiens, indiens et sri-lankais venus au Cap au temps du commerce des Hollandais avec les Indes pour servir d'esclaves (en plus des prisonniers politiques). Malgré le terme « malais », peu en fait viennent effectivement de ce qu'on appelle aujourd'hui la Malaisie. Après l'abolition de l'esclavage au début du 19ème, ils se sont installés sur les hauteurs de la ville (sur les pentes de Signal Hill, la colline reliée au Lion's Head), et ont appelés leur quartier Bo-Kaap (« au-dessus du Cap »)

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C'est un quartier très agréable où flâner, avec des rues très calmes, des mosquées et surtout, sa caractéristique essentielle pour les touristes, un bon nombre des maisons colorées, ce qui donne un beau patchwork de couleurs vives. Je n'y ai donc pas manqué, même s'il m'a fallu attendre près de trois mois au Cap pour m'y rendre. Mais le jour où j'y suis allée, il faisait un temps superbe, et c'était vraiment une belle balade. Presque sans plan, déambuler au gré des rues pour aller photographier les maisons qui attirent l’œil de loin, entrer dans des cours intérieures au charme caché, à l'invitation des habitants du quartier qui se retrouvent sur le trottoir pour discuter et qui se montre très accueillants alors que tu n'es que de passage... Un véritable havre de paix, de tranquillité et de joie, à quelques encablures des hauts buildings du CBD.

Je suis ensuite retournée à Bo-Kaap il y a quelques semaines pour une cooking class avec d'autres étudiants. Zainie, habitante du quartier de longue date, accueille chez elle les curieux en quête de savoir-faire malais, une cuisine qui mêle donc influences asiatiques et africaines. Après un petit tour guidé du quartier en sa compagnie (cette fois sous un ciel gris et une pluie fine), nous avons donc colonisé sa cuisine pour apprendre à faire un Cape Malay Curry (la spécialité malaise du Cap, du poulet au curry), des Rooties (la version malaise des naans – on ne se doute pas qu'une galette plate demande autant de préparation et d'attention), des Chilly Bites ou Daltjies (une préparation à la farine de pois chiches et aux épinards que l'on fait frire) et des samoosas à la viande.

Après plus de 2h en cuisine, nous avons tous ensemble dégustés nos délicieux plats attablés avec notre hôte qui nous racontait alors sa vie. On se rend compte que malgré la joie et la sérénité qui émane de ce quartier, la vie au quotidien est loin d'être simple. Grossesses et mariages adolescents (à l'image de la fille de Zainie qui ne semblait pas être plus âgée que nous, avait deux garçons de 7 et 8 ans et était fiancée pour la deuxième fois), difficulté à trouver un emploi, trois voire quatre générations vivant sous le même toit, etc, etc.

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Nous sommes repartis de Bo-Kaap avec chacun un livret des recettes du jour et un sachet d'épices pour préparer le Cape Malay Curry – sans compter les « trucs » retenus pour réussir les différents plats. Avis à ceux qui veulent une dégustation à mon retour en France !

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