Safari au Addo Elephant Park (Road trip #4)

Publié le par Mathilde

Après Port-Elizabeth nous avons mis le cap sur le Addo Park, où nous avons passé la journée du lendemain en safari. Le Addo Elephant National Park se situe à une cinquantaine de kilomètres de PE, vers l'intérieur des terres. Il s'appelle comme ça du fait que les éléphants constituent l'espèce phare du parc (à défaut de la plus nombreuse), et la raison de la création du parc. En 1931, il ne restait plus que onze éléphants dans la région. Un parc a donc été créé pour les protéger, et ils sont aujourd'hui plus de 450. Le parc fait partie de ceux accueillant les « Big Five », les cinq animaux les plus recherchés lors des chasses : lion, éléphant, léopard, rhinocéros, buffle. Mais en fait, il est difficile de voir les cinq lors d'un safari là-bas : seulement un léopard et neuf lions dans le parc, et les buffles et les rhinocéros sont des animaux nocturnes. Par ailleurs, on trouve des milliers d'antilopes, essentiellement des kudu, et de zèbres, des phacochères, des lynx, des chacals, des bousiers, etc etc.

Nous sommes donc montées tôt le matin dans la voiture de notre guide du jour, accompagnées de trois suisses qui ont fait le safari pour la demi-journée (alors que nous partions pour la journée complète). Sur les routes du parc, nous étions attentifs aux moindre traces pour trouver les animaux. Les premiers que nous avons vu étaient les kudu et les zèbres. L'intérêt de faire le safari avec un guide et pas dans sa propre voiture, outre qu'il connaît les endroits les plus propices pour observer les animaux et qu'un 4x4 est plus approprié sur les pistes de sable qu'une petite voiture, est qu'il nous raconte des anecdotes sur les animaux. Ainsi nous avons appris pourquoi les zèbres avaient ces rayures noires et blanches, une question que nous nous étions justement posées la veille. Cela peut paraître assez étrange comme tentative d'échapper aux prédateurs dans un environnement vert, mais c'est en fait subtil ! Lorsqu'un lion chasse un troupeau de zèbres, et que ceux-ci s'enfuient, les rayures de tous les animaux se mélangent aux yeux du lion et ils deviennent flous : le lion est alors très confus.

Après quelques kilomètres de route entourés des zèbres et kudu auxquels nous étions désormais habitués, notre guide repère un endroit où de nombreuses voitures sont garées. Nous y allons et demandons ce qu'ils ont vu : deux lions, allongés paisiblement : le mâle à quelques centaines de mètres de la route, entourés de zèbres, une femelle sur une autre route un peu plus loin, encore plus près. Apparemment, c'est jour de chance pour nous ! Voir un lion au tout début de la journée n'est pas si fréquent dans ce parc. Le guide décide de modifier les plans pour rejoindre la route de l'autre côté afin de voir la femelle, dont on ne sait pas combien de temps elle restera là. Nous l'approchons donc vraiment tout près, mais rien ne semble déranger la déranger, et surtout pas une voiture de touristes. Il est impressionnant d'observer ces animaux réputés dangereux aussi calmes.

Nous continuons ensuite à serpenter sur les chemins, de quoi croiser de nombreux phacochères, ainsi que des bousiers, ces petits insectes qui passent leur vie à pousser en arrière une boule fabriquée à partir des excréments d'éléphants et de terre. Très lents et perdant souvent l'équilibre, ils peuvent passer de longues minutes à se remettre sur leurs pattes et à retrouver leur boule. Il faut avoir de bons yeux pour les voir sur les routes, ce qui explique la difficulté à maintenir l'espèce malgré les mesures de protection prises par le parc. Enfin, la matinée commence à toucher à sa fin, et nous n'avons toujours pas vu d'éléphants, un comble pour un parc dont le nom est Addo Elephant ! Notre guide nous amène vers la partie sud du parc, là où l'on ne va normalement que dans les safari d'une journée dans l'espoir d'en voir. Au milieu des buissons et des arbres apparaissent enfin quelques-uns de ces énormes mammifères, surnommés « Orange Elephants » ici, car ils se frottent à la terre, orangée, du parc.

Il est alors de temps de retourner à l'entrée du parc pour déposer les trois suisses. Camille, Joséphine et moi remontons en voiture, direction l'aire du pique-nique au centre du parc. Mais avant cela, le guide nous amène à un point d'eau déjà visité le matin mais où on n'avait vu aucun animal. Cette fois, à peine nous nous approchons, nous apercevons des éléphants de tous les côtés. Impressionnant, vraiment. De se dire qu'il y a moins d'une heure, on ne voyait rien à l'horizon, et que tout d'un coup, les éléphants affluent par dizaines. Les éléphants vivent en groupes restreints, menés par une femelle dominante et se dispersent dans la végétation. Les différents groupes se rejoignent autour des points d'eau à heure fixe pour boire et s'amuser ensemble. Nous avons la chance de voir descendre un de ces groupes sur un chemin à quelques mètres de la voiture, adultes et enfants mélangés. Ensuite, nous nous postons au niveau du point d'eau et nous ne pouvons décoller nos yeux (et s'arrêter de prendre des photos). C'était un moment très fort, tant, encore une fois, on sent qu'on s'introduit dans le domaine des animaux, mais que ce sont eux les maîtres des lieux. Peu dérangés par les quelques voitures (il faut dire qu'en cette période hivernale, les touristes sont assez peu nombreux), ils agissent sans que notre présence n'ait une quelconque influence. On se fait la réflexion que, peu importe si l'on s'ennuie le reste de l'après-midi, ces quelques minutes valaient à elles-seules de prendre le full-day safari : les suisses n'ont en fait quasiment rien vu !

Nous laissons à contre-coeur nos nouveaux amis pour aller manger, car il commence à se faire tard. Notre guide nous prépare un braai, fait de saucisses de boeuf et d'ailes de poulets marinées. Très agréable et appréciable au milieu de cette journée de conduite ! Ensuite nous reprenons la voiture pour finir le tour du parc, où nous croisons encore des chacals (ils vivent en couple, si l'un des deux meurt, l'autre meurt de chagrin ensuite), des phacochères de tous les côtés, des zèbres et des kudu (dont un mâle avec ses magnifiques cornes qui traverse la route juste devant nous). Des éléphants, aussi, bien plus présents que durant la matinée. Là encore, l'un deux passe quelques mètres devant la voiture. Le guide coupe alors le moteur pour nous faire apprécier le silence qui règne autour de nous : la démarche des éléphants est tellement lente et douce qu'ils ne font aucun bruit en avançant, alors même qu'ils déplacent plusieurs tonnes à chaque pas. Fascinant ! Il est alors temps de rentrer au backpacker, après une journée bien remplie pour des moments dont on se souviendra longtemps (observer les animaux au zoo n'a vraiment rien à voir), et alors qu'une heure et demie nous attend pour rejoindre notre prochaine étape, Grahamstown.

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A
Oh ça fait trop rêver !!!! Voir des animaux comme ça en liberté ça doit être vraiment impressionnant !! Je veux des photos !!
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