Rugby games

Publié le par Mathilde

Comme vous le savez sûrement tous, l'Afrique du Sud est un grand pays de rugby, attirant même les meilleurs joueurs français (je parle bien sûr de Frédéric Michalak et Virgile Lacombe). Mais ce que vous ne savez peut être pas, c'est que le rugby universitaire est à l'Afrique du Sud ce que le football américain ou le basket universitaires sont aux US. Une institution, mobilisant toute l'université et rassemblant tous les étudiants autour de l'équipe principale qui constitue une pépinière pour les équipes professionnelles et l'équipe nationale. Donc, une fois tous les quinze jours c'est rugby game le lundi soir.

Il y a quelques années a été créée la « Varsity Cup », une compétition rassemblant les huit meilleures universités du pays, dont celle de Cape Town. Les matchs ont lieu tous les lundis soirs, et l'équipe joue alternativement à domicile et à l'extérieur. Déjà trois matchs ont eu lieu sur le "Green mile" du campus, nom donné aux Rugby fields. Pour le match d'ouverture, j'étais en vadrouille sur la Garden Route. Mais je n'ai pas manqué les deux suivants !

On voit l'importance du match quand on passe à côté des terrains de rugby dès le lundi dans la matinée. Tout le monde s'affaire à préparer les lieux : tondre la pelouse, installer les buvettes et les grilles autour du terrain, mettre en place les panneaux publicitaires, etc. Le soir, des centaines de spectateurs affluent au bord du terrain, dépassant largement les capacités d'accueil des tribunes. A moins d'arriver très tôt ou d'être très chanceux, on regarde donc le match depuis la pelouse, au bord du terrain. Ce qui fait que finalement, le jeu en lui-même n'est pas le plus important.

Déjà, on ne voit souvent pas l'ensemble du champ de jeu depuis la place qu'on essaye de se frayer et on n'a pas suffisamment de perspective pour apprécier les arrières qui balayent la largeur du terrain à coup de passes très rapides. Ensuite, la plupart des étudiants étrangers ne comprennent pas ce qui se passe, tant les règles sont mystérieuses pour eux (je crois que je n'ai pas encore réussi à convaincre mes colocs que, NON, quand ils sont au sol ils ne se battent pas). Enfin, parce que le match est le prétexte d'un réel « show » et que le spectacle n'est pas seulement sur le terrain : les Ikeys Tigers, le club de supporters peinturlurés, sont là pour assurer l'ambiance, et les cheerladers sont sollicitées à chaque arrêt de jeu (voire même pendant le jeu). Et puis, avec plusieurs buvettes servant multiples bières et cidres (oui, ici comme au Royaume Uni on boit le cidre comme la bière), le rugby game est en fait aussi l'occasion d'un social event. D'ailleurs, une de mes colocs américaines l'a bien résumé, après le premier match : « it was so funny, I loved it...but not for the game »

Malgré tout, en bonne spectatrice d'Ernest Wallon que je suis, j'essaye de suivre le jeu autant que je peux, car quand même, la réputation du rugby sudiste n'est pas usurpée : ça n'a rien à voir avec le jeu du Top14 ! Quelle vitesse dans la continuité du jeu, quels impacts physiques impressionnants ! C'est un rugby très porté sur l'attaque, on voit énormément d'essais par matchs. Il y a peut être une explication à cela. Lors du premier match, je regarde le panneau des scores à un moment donné, et je me dis qu'il y a un problème...soit j'ai raté une pénalité et l'essai que j'ai vu n'a pas été transformé, soit ils ont fait une erreur dans le score. Un peu plus tard quand je vois qu'après un nouvel essai ils ont encore rajouté 8 points, je me dit que ce doit être ni l'un ni l'autre, mais je ne comprends pas. Je demande à ma voisine sud-africaine qui me répond « bin oui, un essai transformé ça vaut huit points » (enfin en anglais quoi). Ah bon ? Pas chez moi en tout cas... J'ai la réponse en cherchant sur internet au retour à la maison. Depuis l'an dernier, la Varsity Cup expérimente un nouveau barème, avec les transformations valant 3 points et les pénalités 2 points. Le but étant précisément de favoriser l'attaque, puisqu'il devient très difficile de compter sur les pénalités pour gagner un match. Je ne sais pas si c'est ça qui est à l'origine du jeu déployé (corrélation n'est pas causalité pour un bon sociologue...clin d'oeil à Aurélie (si jamais elle a survécu à la lecture jusque là) et Mariechérie) mais en tout cas ça ne le défavorise pas ! Avec ce type de règles généralisées, on ne verrait plus Guy Novès lever les trois doigts à longueur de match. Ici, les pénalités sont vite jouées, ou alors on prend la mêlée ou la touche. Même si j'ai aussi remarqué qu'il y avait finalement peu de touches dans un match : conséquence du fait que l'on cherche à garder le ballon dans l'aire de jeu.

Le deuxième match que j'ai vu était THE BIG GAME, le match de l'année pour tous les étudiants du Cap, puisqu'il opposait l'UCT à l'université de Stellenbosch, les Maties. Université voisine, donc ennemi juré, surtout qu'il y a une rivalité entre l'UCT, université anglophone, et Stellenbosch, université afrikaner. L'ambiance était donc démultipliée, puisque les adversaires étaient venus en nombre. Et la télé avait fait le déplacement, avec ses gros camions garés sur les routes du campus. Malheureusement, les Ikeys ont encore perdu, l'ardeur était donc un peu retombée à la fin du match (quoi que...) Ce match était pour moi le premier en tant que supportrice officielle des Ikeys, puisque entre les deux j'ai pris ma carte du rugby social, qui me permet d'aller voir les matchs gratuitement (sinon, oui, l'entrée en payante...on devrait peut être y penser pour nos matchs de hand à Cachan, ça nous payerait les bananes, non?), d'avoir le tee-shirt officiel des Ikeys, et de bénéficier de tout un tas d'autres avantages et réductions.

Pour conclure cet article je ne peux que vous souhaiter un merveilleux Irlande-France ! Allez, plus que deux étapes avant la cuillère de bois ! ;)

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A
Et oui j'ai survécu jusque là !! (en lisant en diagonales je l'avoue^^) Mais bon je suis tellement fan de ton voyage que je lis même les articles de rugby^^
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M
Hihihi je me suis bien régalée moi en lisant ce "petit" article rugbistique ! J'en reviens pas qu'Aurélie soit allée jusqu'au bout ! Moi, moqueuse ? Pas du tout voyons ! Ah si seulement Noves pouvait arrêter de lever trois doigts qu'on voit un peu de jeu, parce que oui il faut avouer que c'est pas Toulouse qui vend du rêve en ce moment... Enfin c'est quand même un Toulousain qui nous sauve de la cuillère de bois alors... ^^
M
Hé bin!! J'en attendais pas tant de toi :)